|
En
1202, le comte Alain de Goëlo fonda l'abbaye
à la suite d'un premier monastère
édifié sur l'île voisine
de Saint Rion. Batisée du nom emblématique
de Beau Port, elle fut au Moyen-age l'un des
Havre sur la route littoral de Compostelle,
mais surtout un foyer de commerce et d'échanges
maritimes.
Jusqu'à la révolution française,
les chanoines prémontrés de
Beauport ont construit, enrichi et magnifié
un domaine abbatial idéal, d'une architecture
à la fois élégante et
fonctionnelle, ponctué d'un jardin
à la française, de vergers de
pommiers à cidre, de figuiers et de
rosiers, et ceint de prés-salés
et de digues pour s'abriter des riguers de
la mer.
Acheté comme bien national en 1796
par trois familles, l'abbaye abrita successivement
une salpétrière, des étables,
la Mairie et l'école communale de Kérity.
L'Armateur
paimpolais Louis Morand, initiateur de la
pêche en Islande, y travailla et sa
famille, qui y survecu longtemps, contribua
à la réunification du domaine.
Classée
Monument Historique dès 1862, l'abbaye
de Beauport a été acquise par
le conservatoire de l'espace littoral en 1992,
étant alors dans un état de
conservation critique. Suite à une
expertise de l'architecte en chef, des priorités
de restauration ont étés définies,
afin de permettre d'une part la mise hors
d'eau des bâtiments, d'autre part l'ouverture
du monument au public tous les jours de l'année.
Après une première décennie
de travaux, les couvertures de deux corps
de bâtiments ont étés
sauvées ( celle de l'imposante maison
dîte " au duc " et de l'aile
du chapitre ou logeait les religieux ), restaurées
à l'ancienne par des compagnons, tandis
que les ailes ruinées ( église
abbatiale et réfectoire ) ont été
consolidées.
Par ailleurs, cinq années de fouilles
archéologiques et d'études des
façades ont permis de mieux comprendre
les évolutions des batiments et leurs
fonctions, notamment dans la salle au duc,
initialement forge et atelier de bronzier.
|